(2010) recension de : Spandler Helen, 2006, Asylum to Action. Paddington Day Hospital, Therapeutic Communities and Beyond. Londres, Jessica Kingsley publishers, coll. Community, Culture and Change, 171 p. (Anthropologie et Sociétés, vol. 34)

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(2010) recension de : Spandler Helen, 2006, Asylum to Action. Paddington Day Hospital, Therapeutic Communities and Beyond. Londres, Jessica Kingsley publishers, coll. Community, Culture and Change, 171 p. (Anthropologie et Sociétés, vol. 34)
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  COMPTE RENDU NON THÉMATIQUE  Anthropologie et Sociétés , vol. 34, 2010   S PANDLER   Helen, 2006,  Asylum to Action. Paddington Day Hospital,Therapeutic Communities and Beyond  . Londres, Jessica Kingsley Publishers,coll. Community, Culture and Change, 171 p. (Samuel Lézé) De 1962 à sa fermeture en 1979, l’hôpital de jour de Paddington   dans l’ouest deLondres fut un haut lieu de la psychiatrie désaliéniste britannique. Avec le mouvement de« communauté thérapeutique », l’avant-garde psychiatrique libertaire y expérimentait en effetsur une cinquantaine de patients (adultes) les vertus de la démocratisation du soin, la recherched’un milieu thérapeutique optimal et les usages institutionnels de la psychanalyse (l’analysede groupe, notamment). Le lieu est un formidable analyseur de l’espace politique de la santémentale dans la conjoncture critique des années 70 car, outre les mouvements de « communautéthérapeutique » et freudien, convergent également le mouvement antipsychiatrique et celui,naissant, des usagers.Comment en l’espace de quelques années le regard sur cette institution « innovante »,première du genre à être reconnue par la National Health Service (NHS) a-t’il changé, au pointde juger la pratique thérapeutique néfaste et d’en fermer définitivement le lieu? L’objectif d’Helen Spandler, chercheure au département de travail social de l’université de Lancashire,est de réouvrir les potentialités du radicalisme politique de l’époque et du mouvement de« communauté thérapeutique » d’une part, et de reconsidérer l’histoire naturelle (naissance,apogée et déclin) qui en est ordinairement proposé (tel le fameux  Asylum to Anarchy de lasociologue Claire Baron en 1987), d’autre part (chap. 6 et 7). La thèse de l’auteure peut seformuler brutalement : pour retrouver l’inspiration initiale du mouvement de « communautéthérapeutique » il faut le débarrasser de sa composante freudienne qui est un « conservatismelibertaire » et non une force collective progressive (p. 83).Si la psychanalyse a su, dans la conjoncture des années 70, poser des questions politiquesou même être une force politique, son autorité, dans le cadre de Paddington demeure paradoxalet un obstacle à la démocratisation des soins. L’absence de règles de fonctionnement clairesfavorise le retour de l’arbitraire et le médecin directeur, pourvu d’une autorité charismatique, joueà la fois un rôle de subversion et de reproduction des rapports de force entre patients et équipe.L’usage de la surinterprétation des conduites (en les pathologisant et en invoquant l’inconscient)constitue un mode de régulation et un contrôle social pernicieux qui permettent ainsi deneutraliser, selon la dissidence politique du moment, ou la prise de décision réelle des patients.Centrée sur l’histoire infantile individuelle, les relations de rivalité et la responsabilisation, lapsychanalyse ne permet pas, selon l’auteure, de valoriser véritablement les forces progressiveset solidaires de la dimension collective (chap. 8).Cette dimension mobilisatrice est bien décrite dans les deux grandes phases que Spandlerrelate avant que l’hôpital de jour ne tombe dans le discrédit. La première phase, 1971-1972,est la « protestation victorieuse » des patients et de l’équipe soignante dans leur résistance àl’intégration de l’unité dans le giron médical de l’hôpital général. Dans ce cadre, la thérapie  2   Compte rendu non thématique devient politique et la campagne politique devient thérapeutique (chap. 3). La deuxième phase estla création en 1973 d’un réseau national qui préfigure bien des mouvements de patients à venir(MIND, CAPO, etc.). Le MPU (Mental Patient Union) devient en effet un lieu de politisation etde conversion du capital militant acquis par certains patients de Paddington (chap. 4). Entre 1976et 1979, c’est encore l’action des patients de l’hôpital de jour qui est également au coeur de latroisième phase qui révèle, à travers une série de plaintes, les contradictions de la psychanalyse :le principe de responsabilisation des patients au travers de la prise de décision collective est vécucomme une simple formule idéologique puisqu’il n’existe pas de lieu possible d’expression. Lespratiques de l’équipe, sourde et ironique aux problèmes sociaux des patients, sont dénoncéespar un mouvement de patients qui interpellent les tutelles administratives de l’hôpital de jour.C’est dans un contexte de déclin du mouvement de « communauté thérapeutique » et de miseen place d’une nouvelle politique de santé mentale que l’hôpital est finalement fermé en 1979(chap. 5).Dans cet appel incessant à la radicalité politique et à la démocratisation des soins, il y asans nul doute la nostalgie d’un passé épique révolu et, dans un contexte de forte rationalisationdes soins (logique managériale du champ médical et logique consumériste du mouvement despatients) l’espoir perdu des lendemains qui chantent. Mais il y a surtout, dans la tentative de« séparer le bon grain de l’ivraie », soit le mouvement de « communauté thérapeutique » dumouvement freudien, une profonde naïveté sociologique, comme s’il était possible de distinguerle thérapeutique du contrôle social. Un groupe d’entraide mutuelle conserve, en l’absenced’équipe soignante, ce qui constitue l’un des rouages essentiels à la préservation du lien social.C’est l’idée même de « communauté », supposée soigner, justifier toute forme d’expérimentationou même, subvertir l’ordre social, qui mériterait une véritable recherche approfondie, carelle recèle encore bien des paradoxes et des contradictions inaperçues par l’auteure. Ainsi,l’ouvrage d’Helen Spandler participe du phénomène, plutôt qu’il ne le rend intelligible, dudiscrédit politique de la psychanalyse au sein des professionnels de santé mentale ou du champintellectuel plus large en quête d’un nouveau radicalisme. Samuel Lézé  Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux Université Paris 13, Paris, France
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