Le peuplement du Bas Segura de la Protohistoire au Moyen Âge (prospections 1989-1990)

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Publication des résultats des prospections réalisées en 1989 et 1990 dans le Bas Segura par une équipe hispano-française. Les données recueillies permettent de restituer l'évolution du peuplement dans cette région, de la protohistoire au Moyen
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  n/CE/vrwwxvii-xviii, 1998-1999 LE PEUPLEMENT DU BAS SEGURA DE LA PROTOHISTOIRE AU MOYEN AGE(PROSPECTIONS 1989-1990) SONIA GUTIÉRREZ LLORETPIERRE MORETPIERRE ROUILLARDPIERRE SILLIÉRES avec la collaboration deJEAN-CLAUDE ECHALLIEREntre 1989 et 1990, une equipe franco-espagnole entreprit une prospection pour mieuxcomprendre la dynamique et l'organisation du peuplement dans une región qui fut iongtempsun carrefour privilegié. L'enquéte géomorphologique conduite entre les collines, dunes cótiéreset plaine alluviale (la zone la plus bouleversée depuis la fin du Moyen-Áge) permet d'éclairer laphyslonomie antique de la región. Chacun des paysages a son histolre patiemment complétéedepuis un siécle. De l'áge du Bronze á l'époque ¡slamique, les grandes tendances sont laconcentration du peuplement sur les marges de la vallée du Segura, et le vide de la partie desmassifs qui n'est pas orientée vers la vallée; les sites sont plutót occupés de manierediscontinué.Entre 1989 y 1990 un equipo hispano-franees emprendió una prospección al objeto deestudiar la dinámica y la organización del poblamiento en una región que fue durante muchotiempo una encrucijada privilegiada. La investigación geomorfológica desarrollada en colinas,dunas costeras y llanuras aluviales (la zona más transformada desde la Edad Media) permitereconstruir la fisonomía antigua de la región. Desde la Edad del Bronce a la época islámica seobserva una tendencia a la concentración del poblamiento en las márgenes del valle del ríoSegura, pareja al despoblamiento de los macizos montañosos que no están orientados haciala llanura aluvial, al tiempo que los yaclmentos se ocupan de forma discontinua. Concentres sur moins de 20 km 2 autourde l'embouchure du fleuve, les sites de LaRábita de Guardamar, El Molar, El Oral, LaEscuera, Cabezo Lucero, Cabezo Soler et Cabezo Pequeño del Estany témoignent du rolede premier plan que le Bas Segura a joué ádeux moments de son histoire : l'áge du Fer etle haut Moyen Age. C'est pour mieux comprendre la dynamique et l'organisation dupeuplement dans une región qui fut Iongtempsun carrefour privilegié entre le monde indigéne,drainé par l'axe fluvial du Segura et de sesaffluents, et le commerce maritime mé-diterranéen, qu'un programme de prospectionssystématiques y a été réalisé en 1989 et 1990par une equipe franco-espagnole 1 .L'objectif premier de cet article est lapublication de ees prospections, restéesinédites 2 . Nous la compléterons par un bilandes connaissances archéologiques actuellesconcernant la región, et par la présentation desprincipaux résultats d'une étude géomorphologique menee par J.-C. Echallier dans labasse vallée du Segura en 1975-1976, gráce álaquelle les problémes lies á la physionomieantique de l'embouchure du fleuve - existait-ilun delta ? la Sierra del Molar formait-elle uneíle ou une presqu'íle ? - peuvent étre reexamines sur des bases scientifiques solides. I. LE CADRE GÉOGRAPHIQUE ET SONÉVOLUTION PENDANT LE QUATERNAIRERÉCENT L'évolution du peuplement dans le BasSegura depuis la protohistoire ne peut étre 1 Réalisées sous la direction de Pierre Rouillard et de MaríaJosé Sánchez, ees prospections ont beneficié du soutien dela Casa de Velázquez, du Ministére des Affaires Etrangéres,de la Conselleria de Cultura de la Communauté Valencienne,du Musée de Santa Pola, du Musée d'Alicante et del'Université d'Alicante. 2 A l'exception d'un bref resume dans MORET ef al., 1995:109-113. 25  comprise qu'en rapport avec les modificationsde l'environnement naturel. L'étude de eesmodifications, aujourd'hui reconnue comme unpréalable obligé á toute recherche d'archéologieextensive, est tout particuliérement nécessairedans une zone de basse vallée oü les facteursconcourant á une modification rapide et souventradicale du paysage sont plus nombreuxqu'ailleurs.Une importante serie de forages réalisésen 1975 et 1976 dans le Bas Segura, afind'étudier les formations quaternaires de laregión (ECHALLIER et al., 1978 ; ECHALLIERet LACHAUD, 1980), permet de retracer lesétapes qui ont conduit á la formation dupaysage actuel. Nous exposerons sous formerésumée les résultats de ees recherches, aprésune breve présentation des principales composantes géographiques de la zone étudiée 3 .Trois paysages, articules autour du fleuveet de son embouchure, composent aujourd'huila región du Bas Segura (fig. 1 et 2). -Des colimes calcaires limitent au nord et ausud la plaine inondable du Segura. Au nord, deux reliefs de taille inégale encadrent la vasteétendue des terres basses de la rive gauchedu fleuve. Prés de l'embouchure, la Sierra delMolar, formée de terrains pliocénes, érigée aucours du Pleistocéne, forme un vaste plateauculminant á 84 m, aux bordures en pentesdouces entamées par quelques vallons. Versl'intérieur des terres, ¡solees au milieu de laplaine, les petites collines de Los Cabezos deAlbatera émergent comme un chapelet d'ílots.Au sud, la vega du Segura est dominée par uneserle continué de reliefs mio-pliocénes,disséqués en collines qui ont nom, d'ouest enest : Sierra de Benejúzar (217 m), Lomas deLa Juliana (110 m), Sierra de La Atalaya (127 m), Lomas del Estany et del Pallaret (87,5 mau Cabezo Soler) et Sierra del Moncayo (105 m). Cet ensemble se termine en bord de merpar les reliefs plio-quaternaires de Guardamardel Segura (Cerro del Castillo, 64 m). Au nordcomme au sud, le couvert vegetal naturel estune maigre garrigue, substituée dans certainssecteurs par des plantations recentes de pinsd'Alep. Ce sont des terrains impropres auxcultures non mécanisées ; seules les partiesbasses des pentes ont été récemment tailléesen terrasses et plantees d'agrumes.- La vega, plaine alluviale du Segura, large de3 km environ, est formée de limons et d'allu-vions recentes ; elle a été longtemps maldrainée car le Segura ne débouche quedifficilement dans la mer du fait de la sub-sidence de toute la vallée et surtout parce quedes prélévements pour l'irrigation sont effec-tués,depuis l'époque árabe, au long de soncours á partir de Murcie, voire en amont; sonasséchement définitif est récent. La surface enest quasiment plañe, entre 4 et 10 m d'altitude.Elle est traversée par de tres nombreux canauxd'asséchement et d'irrigation, et est entiérementcultivée (cultures maraíchéres et agrumesprincipalement). -Les dunes. Le cordón dunaire actuel, large d'unkilométre environ, se développe de fagoncontinué au nord et au sud de l'embouchure. IIest formé de quatre ou cinq alignementsparalléles au littoral et hauts de 20 á 30 m. Laplupart de ees dunes ont été fixées par desplantations de pins á partir de la fin du XlXesiécle.Dans son état actuel, le cordón dunaire,entre Santa Pola et Guardamar, est deformation récente (ALDEGUER, 1989, ES-TÉVEZ et PINA, 1989). Les fouilles de la Rábitade Guardamar ont montré que des éta-blissements antiques et médiévaux, enfouisaujourd'hui sous ce sable mobile, avaient étébátis sur un terrain plus ferme et moinsaccidenté, constitué par les bañes de cal-carénite de plage et de cordón dunairetyrrhéniens.A la limite plio-quaternaire, toute la regiónsemble émergée et se constituent alors d'énor-mes encroütements calcaires polyphasés dontl'srcine est continentale : c'est la formation deSucina, d'áge pleistocéne ancien (MONTENAT,1973). C'est sans doute á cette période quel'érosion, jointe á la forte subsidence de lavallée du paleo-Segura, isole le relief (un plirécent) qui constituera la Sierra d'EI Molar, enun point de fixation qui ne participe pas á lasubsidence de la basse vallée.Au cours du Quaternaire ancien (á l'équi-valent du Calabrien), la ligne de rivage estproche de la situation actuelle (ECHALLIER etLAURRIAT-RAGE, 1978). Une nouvelle ré-gression suit cet épisode, avec formation denouvelles croütes calcaires. Puis la trans-gression paléotyrrhénienne (il y a au moins 250000 ans) vient de nouveau noyer le pied orien- 3 La contribution de Jean-Claude Echallier est complétée,dans les pages qui suivent, par des observations de ChristianMontenat et de Pascal Barrier que nous remercions d'avoirbien voulu nous aider á comprendre le terrain du Bas Segura. 26  La Picola ••fe Los Saladares .'...,.« Zone étudié Se^—^_ Émgt % El Oral • * LaEscuera 1\» LaLucero / i I 5 km Figure 1: Carte de localisation de la zone étudiée.Figure 2: Le milieu naturel. Extensión approximative des zones humides au haut Moyen Age d'aprés Gutiérrez 1995 a. Enpointillé : lit du fieuve en 1720. 27  . Cóne du Vinalopó ^ / 1 \ \ \ / / 1 \ N76.78 | i \75.72 \ • _~_ _ 75.58 " X • 7677 „_ • Laguna del Hondo -• 76.76 • 1 1 7 67 2 1 _» f 7671 76.72 * D Dolores76.7476.70• 76.63. 76.56 0 D Almoradi76.5576.68 • *!°/^-^__^^ - Rojalesi s 75.71Albufera• d'Elche76.79 76.49 0 .____.,_ 75.57 • 76.50 - _•_ _ _ _ 76.80 _. ° * 75.17 . "_76.61 76.48 .76.60 HPInetn/Sierra del Molar [~J /76.63 • 76.58 /76.54 • /* 76 51 ^-\ • • C\J 1 76.52 76 . 5 A / • ) / s~t ^ D / // Sierra deSanta Pola75.68- • 75.67.'_ Laguna _ . •-_-_-de Santa Pola _" 75.56 76.70- A — — — -*f • / /6.465 - -f ~1 / 76.47/ 76.43 1 1 • 01Dsanta Pola v.? s LaguneReliefSondage5 kmi1 Figure 3: Carte de localisation des sondages géologiques réalisés en 1975-1976 dans le Bas Segura. tal de la Sierra del Molar, et seulement luí(MONTENAT, 1973 ; ESTÉVEZ et PINA, 1989);¡I n'y a aucun argument pour diré qu'elle se soitavancée á l'intérieur, car aucune plage pa-léotyrrhénienne n'a été repérée sur les bordures nord, sud et ouest de la Sierra. Une nouvellerégression donne encoré des dépóts con-tinentaux sans formatlon d'une Importantecroüte calcalre. Puls elle est sulvie par ladernlére grande transgression tyrrhénlenne(env. 100 000 ans). Cette transgression donnesur tout le littoral des nlveaux de plage á Strombus bubonius qui ont été bien dates á LaMarina, immédiatement au nord de la Sierrad'EI Molar (BERNAT, ECHALLIER et BOUS-QUET, 1982) ; la ligne de plage et de dune esttout á fait comparable á celle que Ton observeaujourd'hui.Uépisode glaciaire du Würm provoqueune nouvelle régression avec formation dedépóts terrrlgénes. Aprés cet épisode, nous nepossédons que des données provenant desforages réalisés dans ce secteur et dans leslagunes de Santa Pola et d'EI Hondo. Cesforages attestent l'existence de pénétrationsmarines assez loin dans la basse valléepostérieurement au Würm, pénétrations al-ternant avec des épisodes régressifs.Effectués dans toute la basse vallée duSegura et dans la lagune d'EI Hondo (fig. 3 á 7), les forages ont, en effet, montré unealtemance de nlveaux saumátres, á faune demollusques marins (Cardium eduleen majorlté)et de niveaux de marécages non sales, rlchesen restes végétaux et á faune de gastéropodesd'eau douce ou tres légérement saumátre (enparticulier Planorbissp., Melanopsis sp. et Unió sp.). Les datatlons C14 que nous avons faiteffectuer á partir d'un de ces forages 4 ontpermis de situer dans le temps quelques-unsdes épisodes les plus ¡mportants :- Vers 2800 av. J.-C, on trouve une lagunesalee á faune de Cardium edule qui s'étendjusqu'á l'ouest de la lagune d'EI Hondo.- Vers 2000 av. J.-C, la lagune salee estremplacée par un marécage á vase nolre etdébris végétaux.- Au debut de notre ere, aprés un nouvelépisode á mames sableuses présentant descaracteres détritiques continentaux, on observe le retour á un marécage á faune degastéropodes d'eau douce 5 . 4 Forage n° 75-58, situé au nord-ouest de la lagune d'EIHondo. 5 Gif sur Yvette - 7.11.1977, échantillons Echallier 75-58-4,75-58-37 et 75-58-38, réf. GIF-3809, GIF-3810 et GIF-3811. 28  Ces altemances douces et saumátres, quidans certains forages sont beaucoup pluscomplexes, correspondent vraisemblablementá des variations du niveau marin et auxpositions respectives de ce niveau et de celuide la vallée. La lagune salee denote de touteévidence une pénétration d'eau de mer dans labasse vallée par remontée relative du niveau marin, méme si certains effets de salure enprofondeur pouvaient étre düs á d'autres cau ses (ECHALLIER et LACHAUD, 1980), alorsque les marécages d'eau douce indiquent sansambiguíté une balsse du niveau relatif de lamer, un colmatage terrigéne (cllmatique avecdes coulées boueuses consécutives auxprécipitations violentes dans une reglón semi-aride et anthroplque) et une dessalure pro-voquée par le río Segura et le río Vinalopóarrosant la basse vallée. La subsidence importante et plus ou moins continué de la vallée nepermet malheureusement pas d'interpréter cesdonnées dlrectement en termes d'altitude dela mer aux différentes périodes, mais nouspouvons cependant en inférer que posté-rleurement á 2800 av. J.-C. le niveau de la mer n'était plus assez haut pour atteindre la laguned'EI Hondo, ni méme la basse vallée du río Segura. Le niveau á Cardium le plus elevé, trouvéau nord-ouest de la lagune d'EI Hondo (forage75-58,fig. 7), se situé á une soixantaine decentimétres au-dessus du 0 actuel, ce quicorrespond á la derniére transgression perceptible un peu plus au nord, dans les lagunes dela Albufera d'Elche et de Santa Pola (voirECHALLIER dans BADIE et al., 1999, p. 70- 71). II s'agit done vraisemblablement du mémeépisode transgressif, que, dans cette hy-pothése, nous pouvons dater de 2800 av. J.-C.pour son extensión máximum.Le forage 76-54 (fig. 4) montre que cettederniére transgression est elle-méme unphénoméne polyphasé, avec des épisodesrégressifs internes. Le fait que, dans toutl'ensemble El Hondo / Bas Segura, le niveau á Cardium se trouve généralement á une altitudeinférieure au 0 actuel est á mettre en relationavec la subsidence de toute cette zone etmontre que ce phénoméne s'est poursuivi aumoins jusqu'á une époque tres récente.Les données provenant des foragesréalisés dans cette zone montrent done sansambiguíté que, depuls 2800 av. J.-C. au moins,la Sierra d'EI Molar n'a pas pu constituer uneíle mais, tout au plus, á cette période de transgression máximum, une éventuelle presqu'íle,reliée au cone de déjection du Vinalopó par unseuil constitué de mames gypseuses et dedépóts terrigénes continentaux (seuil qui separeaujourd'hui la Albufera d'Elche, á Test, et lalagune d'EI Hondo, a l'ouest). Ces diversresultáis ne nous permettent pas de penser quela Vega Baja et l'embouchure du río Segura ontformé,tout du moins aux périodes historlqueet protohistorique, un large estuaire. II n'y avaitla qu'une succession de zones marécageuses,fermée du cóté de la mer par le cordóntyrrhénien á travers lequel, comme aujourd'hui,le fleuve devait difficilement se frayer unpassage. Le paysage du Bas Segura á l'áge duFer ne devait done pas étre fondamentalementdifférent de celui que S. GUTIÉRREZ LLORETa mis en évidence pour le haut Moyen Age(1995 a) : une vaste zone amphibie, soumiseaux brusques crues du fleuve, composée delandes á végétation halophile, de marais et delagunes saumátres (fig. 2). En fonctlon desépisodes mineurs de régression et de transgression marine qui jalonnent l'holocéne, laproportion de ces diverses composantes dutvarier á plusleurs reprises, mais dans un cadreglobalement homogéne de l'áge du Fer ál'Antiquité tardlve.Ces concluslons contredisent plusieursrestitutions paléo-envlronnementales recentes.Bien que ne reposant sur aucune donnéegéologique et géomorphologique precise, l'idée s'est en effet répandue que la Sierra del Molaravait pu constituer, á l'áge du Fer, une íle aubeau milieu du delta du Segura. Tel est lepaysage qui a été suggéré par S. NORDSTROM(1967), puis graphiquement restitué par B.B.SHEFTON (1995, p. 134, fig. 2) - sans douted'aprés J.C.FERNÁNDEZ GUTIÉRREZ (1986,p. 30, fig. 16) - et par M. RUIZ-GÁLVEZ (1998,p. 253, fig. 79). Dans une telle hypothése, lesétablissements ibériques implantes sur lesversants sud et sud-est de la Sierra del Molar,en particulier ceux de La Escuera et d'EI Oral, apparaissent comme des débarcadéres, di-rectement accessibles au trafic maritime. Lesrésultats que nous venons d'exposer excluentcette hypothése de la fagon la plus nette. Selonles époques, les sites de La Escuera et d'EI Oralont eu á leur pied des marécages d'eau douceou des lagunes saumátres plus ou moinsétendues; mais dans tous les cas il est excluqu'un bateau de haute mer, quel que füt sontonnage, ait pu y aborden 29
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